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Yonggi Cho, la fin d’un mythe ?

L’histoire de Yonggi Cho enseigne des leçons à tous les gens en charge des églises mais plus particulièrement aux adeptes de l’évangile de prospérité dont ce monsieur à la réputation mondiale était un des plus grands théo-praticiens. Yonggi Cho a été présenté par beaucoup comme “ Après Jésus, … sans doute le meilleur exemple à suivre pour des milliers de pasteurs”. Ses faits d’armes : Il est le créateur de la plus grande église chrétienne évangélique au monde, l’Eglise du Plein Évangile basée à Séoul en Corée du Sud. Tous les pasteurs de la prospérité le citent en exemple et font exactement comme lui en bâtissant un empire à leur gloire.

Les adeptes de la prospérité ont beaucoup de fierté à raconter la croissance exponentielle de son église. C’est d’eux que nous tirons nos chiffres : L’Eglise affiliée à la dénomination des Assemblées de Dieu, possède une maison d’édition, un journal, une chaîne de télévision et un centre de formation théologique. 700 000 fidèles se pressent aux sept cultes dominicaux… Cela ressemble étrangement à d’autres non ?

Yonggi Cho a toujours eu une relation spéciale à l’argent. Pour lui, les possessions matérielles sont vues comme autant de bénédictions divines et partant, un fidèle béni de Dieu devrait devenir riche. De facto, le fidèle riche est donc un fidèle béni de Dieu.

Nathalie Luca raconte que « Dans les années 1990, poursuit, les fidèles de l’Eglise du Plein Evangile devaient devenir propriétaires de leur maison et ce dans les trois prochaines années. Ce discours brutal, qui a aujourd’hui mauvaise presse, a pourtant épousé l’histoire de la Corée du Sud jusqu’à la crise économique de 1997. C’était aussi une façon de se démarquer de la Corée du Nord. »

Yonggi Cho a réussi l’entreprise écclésiale la plus prospère de l’après-guerre et puis … Patatras !

 Argent et sexe ont-ils terrassé Cho ?

En 2011 ce sont les anciens même de son église qui s’en prennent à sa gestion des biens financiers de l’église. 30 parmi eux ont tenu en novembre 2013 une conférence de presse où ils accusent publiquement Yonggi Cho et sa famille d’avoir volé des millions à l’église dans les années 90. Selon eux, l’homme de Dieu, aurait aussi touché des indemnités de l’ordre de 18 millions de dollars lorsqu’il a démissionné de son rôle de Pasteur en 2008. Il se serait octroyé cette prime sans qu’aucun des corps de direction de l’église ne l’y autorise !

L’un de ses accusateurs s’est même permis de spécifier ce qui suit : « Le gourou d’une secte pourrait violer tous les commandements et faire ce qu’il veut, mais un pasteur ne peut se permettre un tel comportement. Au cours des 14 dernières années, j’ai rencontré le Révérend Cho à plusieurs reprises pour tenter de le convaincre de se repentir et de revenir à être un grand pasteur, mais la corruption a continué. C’est pourquoi, je n’avais d’autres choix que de le divulguer publiquement« .

Intéressant comme information, non ? Cela fait donc 14 ans que l’entourage immédiat du Pasteur Yonggi Cho savait ce qu’il faisait de l’argent de l’église mais le couvrait !!! Mais le plus croustillant dans cette affaire c’est qu’ils en ont profité pour le charger d’accusations de relations extra-maritales.

Voici une courte liste de ceux dont les anciens accusèrent publiquement Cho et sa famille :

– d’avoir volé des millions de donations au profit de l’église depuis les années 90. Au total 500 millions de dollars US. Par exemple, son épouse aurait détourné des fonds destinés à soutenir une université dont elle a la charge au profit d’investissements boursiers aux Etats-Unis dans une autre institution universitaire à son propre profit.

– d’ avoir emprunté à moult reprises de l’argent sans jamais le rembourser. Exemple croustillant : Cho n’aurait remboursé que 60.2 millions de dollars US des 152 qu’il aurait empruntés à l’église pour construire le CCMM building entre 1992 et 1998 lorsqu’il était le directeur de la société missionnaire de l’église.

– d’avoir acquis d’énormes subventions et donations sans préciser à quoi elles ont servi.

– d’avoir eu des relations extra-maritales avec une certaine Madame Jeong à qui il aurait promis deux fois 1.4 millions de dollars US en échange de son silence et du rachat du livre « Madame Butterfly in Paris » où elle raconte son affaire avec le Pasteur Cho. Les anciens ont même produit ce qu’ils considèrent comme les reçus de cette transaction tandis que l’un deux a avoué publiquement avoir participé à donner à la dame l’argent promis.

Cho dans le baba : Info ou Intox ?

Jusqu’au moment de cette conférence de presse en Novembre denier, beaucoup considéraient encore dans le monde évangélique qu’il ne s’agissait que de jalousie et d’intox. Mais la justice qui avait quelques dossiers vient de trancher. Le 21 février dernier, la Seoul Central Court le reconnaît coupable de détournement de fonds. Il est condamné à trois ans de prison et à 4.6 millions de dollars US d’amende. Son fils écope lui aussi d’une sentence similaire.

Comment en est-il arrivé là ? L’eau qui a fait déborder le vase, c’est quand en 2002, Yonggi Cho a convaincu des responsables de son église d’acheter des actions appartenant à son fils pour une valeur quatre fois supérieure au taux du marché. Suivez mon regard… Quand l’arnaque ne concernait que les autres, on prêchait la repentance mais dès que le Pasteur s’en prit à leur besace, les anciens saisissent le tribunal.

Voilà pour les faits, mes commentaires et analyse étendus dans un prochain article si Dieu le veut !

Arnaud Karl Job